Posted by: Larzizou | April 14, 2009

Hanoï, Vietnam

Bon, rapidement, en français, parce que j’ai pas la force de construire un récit épique sur le trajet Vientiane-Hanoi pour le moins catastrophique. On s’était un peu renseigné, sur internet, en parlant à droite à gauche. Tout ce qu’on avait entendu était clairement décourageant mais le bus s’est rapidement imposé comme la seule solution envisageable, faute d’avoir le budget pour l’avion (malgré la singulière promo d’Air Laos : un billet à l’international acheté = le même offert).

Donc nous y voilà, à la station de Vientiane, à 19h. D’entrée de jeu, on comprend qu’on va passer un sale quart d’heure : le staff du bus est extrêmement désagréable. On nous (nous = les étrangers) parque on fond du bus, sans laisser de places vides entre nous. Les locaux eux ont le droit de choisir leur siège. Le bus est poussiéreux, vétuste et étroit, l’idée d’y passer 28h nous casse le moral, n’en déplaise à la compagnie créole.

Comptage, recomptage, comme dans un bus scolaire, on part enfin. Les terres sont inondées par la mousson, de part et d’autre, à travers la fenêtre, des paysages de désolation. Nous n’aurons pas l’occasion de faire fondre davantage nos cœurs tendres et naïfs d’occidentaux puisque, très vite de toute façon, il fait nuit et on ne distingue plus rien. Ce qu’on ne voit pas peut difficilement nous toucher… Mais déjà un autre danger nous guette. Pour éviter que les valises en soute ne prennent l’eau, le staff du bus les charge dans l’allée centrale du bus. Impossible de bouger. Pris au piège sardine-style. Déjà qu’on avait le droit au silence.

Le pire, c’est sans doute la conduite du chauffeur, inédite. Il roule à 50-80km/h en moyenne, ce qui dans un bus dans un tel état relève au mieux de l’inconscience. Freine brutalement, comme pour accentuer la vitesse toute relative, mais seulement en dernier recours : la plupart du temps, il se faufile entre les voitures de file en file à tombeau ouvert, un peu comme dans un jeu vidéo. Ca me rappelle Sega Rally ou Daytona USA sauf que devant la TV, on n’a pas envie de vomir ni un moustique qui vous tourne autour… La nausée. Plutôt dangereux. Mais grand prince, il connaît son véhicule: ‘il à la bonne idée de klaxonner – SANS EXAGERATION – toutes les 10 secondes. Comme un dingue. Ca me rappelle l’Inde où sur la route on utilisait exclusivement la signalisation sonore et pas lumineuse (derrière les camions, on y lisait: “Honk Please !”). Il n’arrête pas. Très rapidement pénible. Au bout de quelques heures, ça devient franchement insupportable, ce qui pousse Michael, à bout, à crier “Stoooooooooooooooooooooop”. Quelques personnes se retournent dans le bus, le chauffeur s’en fout. Il continue. N’espérons pas dormir.

Evidemment, aller si vite sur des routes de campagne défoncées dans un bus aux suspensions inexistantes aurait bien trop de sens si, en plus, on ne s’arrêtait pas à raison d’une heure toutes les deux heures. C’est clairement un progrès par rapport à notre moyenne entre Luang Prabang, Vang Vieng et Vientiane (15km/h)  puisqu’on la double. Pourquoi tant d’arrêts ? Raison officielle : pour aller aux toilettes. Raison observée: pour nous faire consommer aux étals crasseux. Parce que s’arrêter 1h toutes les 2h pour manger et aller aux toilettes…on en a pas vraiment envie (j’aurais du prendre des photos des sanitaires). Le chauffeur et ses potes ont l’air de s’amuser par contre. On arrive vers 4h am à la frontière. On a donc mis environ huit heures pour faire…150km. A 4h am, la frontière est fermée, forcément. On attend, on se fait vertement envoyer balader par le staff quand on demande quoi que ce soit,. Jusqu’à 7h il faudra sans pouvoir dormir (nervosité + moustiques). Que d’autres bestioles nous grimpent dessus et essaient de nous vider de notre sang n’arrangent rien à l’affaire.

La frontière, c’est ça.

p1110228-large

Des centaines de personnes qui poussent, essaient de prendre ta place dans une queue que tu fais pour rien de toute façon puisque réservée aux Vietnamiens. Ca, on te le dit après une bonne demi heure compressé dans la queue dense dans la grande salle poisseuse. Ca pourrait en rendre fou plus d’un façon Michael Douglas dans Chute Libre (ou Disiz la peste dans J’pète les plombs). Le grand blond, c’est Ludger, l’Allemand de notre bus, mal réveillé ou discipliné.

Au menu des surprises à la frontière, ils mettent le paquet. Une fille de notre bus, dont visa de tourisme commence le lendemain, sera empêchée d’entrer dans le pays…jusqu’à qu’elle s’acquitte de la TAC (Taxe sur les Agents Conciliants) de $20US. Il y a aussi des frais, non prévus, on ne sait pas bien relevant de quoi, qui ne donnent lieu à aucun reçu. On pourrait discutailler, mais à quoi bon ? La somme est faible pour nos bourses occidentales et surtout, aucune envie de rester bloquer ici davantage.

Donc on passe. Good morning Vietnam !

p1110256-large

On attend les retardataires de l’autre côté de la frontière où un drôle de marché à ciel ouvert (enfin, plutôt quatre pélerins avec des bacs fournis de légumes frais et viande découpée et putride) nous fait face.

Ici, ça grouille, on vient changer son argent. Michael va faire du change et au retour m’informe que des autochtones avec des valises de cash font la queue, sans doute les économies d’une vie, la recette d’activités suspectes ou autre.C’est pas aujourd’hui qu’on commencera nos carrières de braqueurs.

On discute un peu avec les occidentaux du bus, plutôt à cran aussi (mais relativement content, puisqu’il ne reste plus “que” 12h de bus). Je parle avec le japonais qui est assis derrière moi dans le bus, d’Okinawa, très sympa. Il ne s’est pas plaint une seule foi de ce que j’ai abaissé mon siège à ses dépens alors que lui, au fond, doit se tenir droit. Je regrette un peu (mais pas longtemps). La légendaire politesse japonaise, que je découvrirai plus tard dans toute sa splendeur.

La frontière passée, après nous avoir fait encore perdre une bonne heure et demi pour un petit déjeuner dont personne n’a envie, on reprend la route. Là, c’est encore la même pendant 8h, sauf qu’il fait jour.

On arrive à Hanoi en fin de journée, éreintés. Même mes baskets, trimbalées de Paris à Nairobi à Cape Town à Buenos Aires à l’Ile de Paque à Sydney à Bangkok à Bali à … à Hanoi sont à bout.

p1110266-large

Ca s’arrange pas vraiment à Hanoi. La même impression qu’on a eue à la frontière. C’est bruyant. C’est brutal. Agressif.  Gris et pollué. On se prend à regretter la Thailande, le Laos…

Les taxis essaient de nous la faire à l’envers, on s’énerve, ils s’énervent aussi. Assez moche comme ville. On trouve un hotel non sans mal (ceux recommandés par Lonely Planet, une fois n’est pas coutume, étant fully booked) sur Hang Bé street. Tellement KO qu’on se limitera à dîner ce soir, et une petite sortie au Solace, seul endroit ouvert une partie de la nuit, sur un bateau, glauque. Une entraîneuse louche et acnéique très tactile qui essaie de nous faire boire. Des étrangers qui manie la queue (du billard) comme je manie le balais. Des anglaises aux physiques iniques dansant très mal. Bref, une heure plus tard, on rentre.

On réserve notre croisière de deux jours sur la mythique Baie d’ Halong avant de se diriger vers le Sheraton. Pas pour dormir, bien sûr. Pour $15 la journée, accès à leur piscine, jacuzzi, sauna et…c’est tout. A l’accueil, on doit pas faire assez classe parce qu’on (prétend passer un coup de fil pour vérifier et nous) dit que ce n’est pas possible. Heureusement, on avait appelé avant; on monte, et voilà ce que ça donne:

p1110270-large

Ciel gris, évidemment.

p1110275-large

Ca, c’est moi.

p1110276-large

Et le Sheraton derrière.

p1110277-large

Les clients de l’hotel, presque que des familles, n’ont pas l’air de nous remarquer.

p1110278-large

Ca nous aura fait beaucoup de bien.

Notre deuxième dîner sera le point fort de notre séjour à Hanoi. Juste en face de notre hotel trône le Green Tangerine. Comme son nom ne l’indique pas, un délicieux restaurant français. Ca fait tellement longtemps que j’opte pour trois entrées et un plat. En bas à gauche, une pyramide au saumon, tartare de boeuf au brie au fond a gauche,  et riz noir et gambas à droite.

p1110280-large

A la table derrière nous…des Français.

p1110281-large

Du Australian beef je crois avec une rosace d’ananas.

p1110282-large

Jolie assiette; mais dessert très moyen. Donc un raté sur 10 plats.

p1110283-large

Hanoi, ça s’arrête pas là, ce serait trop simple.

Après dîner, comme on partira quelques heures après notre retour de la Baie d’Halong, on se dit qu’on devrait profiter de la nightlife. Problème : celle-ci est inexistante. Les bars ferment à 23h. Les taxis sont relativement chers, donc on opte pour des moto-taxis ou nos pieds. Difficile de trouver les endroits prometteurs sur internet. Sceptiques, on suit un moto-taxi au Funky Buddha.

C’est plein d’européen. Les boissons y sont chères. Le barman désagréable. La musique est pas terrible. Rien pour nous enchanter. On y croise Ludger & l’israélienne qui était assise à côté de lui dans le bus qu’on à partagé, spécule sur ses chances d’arriver à ses fins quand ils rentreront dans leur auberge de jeunesse… Mais vraiment, on s’emm***e. Si les façades des bars ferment à 23h pour raisons d’hypocrisie administratives, la “fête” y continue encore quelques heures. En toquant, on parvient à rentrer dans deux autres bars de la rue, mais il fait chaud et le miel n’est pas de nature à garder éveillées les abeilles que nous sommes. On décide de rentrer.

Retour à pieds à travers les rues. Là, problème : (1) on est perdu, et (2) on se fait prendre en chasse par des prostituées à moto ! Quand elles nous rattrapent, elles nous touchent les bras et le corps, s’agrippent à nous; essaient de nous faire les poches en fait. Difficile de s’en extirper, mais en courant, vite, on y parvient.

Demain matin, 9h, départ pour la Baie d’Halong, a dream place paraît-il…

Advertisements

Responses

  1. Hi! Your travelling posts are really interesting!

    Oh and were you like originally from France? Cuz if you are, could you translate “strength within”? Strength as in like, inner strength and determination.

    My friend told me it was “la force de l’intérieur”, but I’m not so sure, what do you think?

  2. tu es très moche avec les cheveux très courts

  3. […] l’infamie des bus viets, je crois que vous avez compris suite aux 4 derniers posts (ici, ici, ici et là). Malgré ces mésaventures avec les bus An Phu, on se laisse embringuer dans leur […]


Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

Categories

%d bloggers like this: