Posted by: Larzizou | May 8, 2009

Hue, Vietnam

On y va ou on y va pas ? Difficile de se décider à embarquer dans un bus douteux qui n’est pas celui qu’on a réservé. Pourtant, on n’a pas trop le choix : rester un jours de plus à Hanoi, qu’on n’aime pas de toute façon, risquerait de rendre notre planning déjà bien chargé intenable. Et aussi de nous rendre nerveux (alors que c’est quand même pas le but du voyage).

L’embrouille est simple et efficace : prenez une jolie fille (ça passe mieux), jeune (idem),  prétendument étudiante en tourisme (idem), placez là dans un local bien en vue, et chargez là de vendre des raquettes à des manchots voyages cheap à des prix indexés sur le dollar zimbabwéen à des backpackers. Ca marche à tous les coups. Partout où les hommes sont hommes. En tout cas, ça à marché avec nous.

A notre retour de la Baie d’Halong, on passe à son bureau pour prendre nos tiquets de bus. Surprise 1 : elle (la jolie jeune étudiante en tourisme) n’est pas là ; premier mensonge ! Surprise 2 : elle nous a laissé un post-it nous priant de l’excuser de n’avoir pu réserver nos tiquets dans le bus tout confort que nous avions choisi (il était plein), mais nous assurant que le bus de remplacement est de “same quality“. Bien sûr. Elle l’emportera pas au paradis. On l’appelle, la fait revenir malgré ses protestations (elle est à 15min de l’agence!), et elle nous redonne du sourire ravageur. Que peut on faire ? Le bus part dans une heure.

On est un peu tendu car ce bus, c’est pas que l’affaire de 12h de routes (celles qui nous séparent de Hanoi à Hue), mais d’une cinquantaine d’heures au total – découpées en segments jusqu’à Saigon. Elle nous convainc d’aller à la gare et s’il n’y a pas de couchettes dans le bus comme prévu, elle nous rebook sur un autre bus. Pourquoi pas.

Des taxis motos viennent nous chercher pour nous amener à la gare…avec nos valises. J’ignore encore comment. Valise dressée entre les yeux et le guidon, vue obstruée à 80%, densité de circulation “à la tetris”. Contre toute attente légitime, on arrive vivant…à l’agence. Pour attendre le car. Les agents sont assez antipathiques (comme tout le monde, il semble, à Hanoi) et refusent de nous vendre des cigarettes à l’unité ; ils nous précisent qu’ils devraient recevoir bientôt des nouveaux bus, comme pour nous soulager (je comprends pas pourquoi). On à le temps de voir les brochures, l’open ticket qu’on à acheté $50US coûte en réalité…$24US. Deux fois $26US du quart d’heure, c’est ce que peut rapporter un joli sourire à Hanoi, sans aucune compromission (autre que morale). Notez qu’elle nous avait déjà augmenté le prix du jour au lendemain, attribuant ce surcoût à celui du carburant plus cher (pourtant en chute libre depuis des mois, mais bon, on allait pas parler prix des matières premières avec elle…).

Arrive le bus. Une énorme blague. Certains diraient qu’il à fait le Vietnam. Plus inquiétant : il est quasiment vide. Pis encore, nous sommes les seuls étrangers. Ce qui est un signe de qualité dans un restaurant japonais ne l’est pas ici et maintenant. On s’énerve, hésite…puis on y va. Ironie ou ultime provocation, ajoutant l’insulte à l’injure, la ravissante hotesse nous appelle pour savoir si “everything’s alright” (NO, IT’S NOT)… et on est incapable de hausser le ton ou dire quoi que ce soit… [A ma – bien faible – décharge, c’est Mika qui lui a répondu] Vous les femmes

On est vaguement consolés par le fait qu’on ait chacun deux couchettes. Du coup, on prend nos aises.

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Bon, c’est quand même un peu sale, alors on se pose sur nos paréos.

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On a pas l’air heureux avec nos têtes rouges et gonflées par le soleil ?

Le trajet est évidemment horrible. Impossible de dormir. L’air conditionné…est inexistant. Quand je repense à tous ces bus flambants neufs vus sur brochures… Mais je me fais du mal, j’évacue la pensée, notant que quitte à perdre le billet, je changerai de compagnie.

Drôle de spectacle dans le bus : les lumières s’éteignent, et un des passagers, visiblement un pote du conducteur, vient s’allonger à côté de la seule (jeune) femme du bus. Elle prend peur et va s’asseoir vers l’avant du bus. Je vais la voir pour lui dire que tout va bien, que Mika et moi on est là, qu’on veille (à ce qu’elle ne se fasse pas violer), mais évidemment…difficile de se dire tout ça en langage des signes. Impossible de communiquer. De plus, le coup de couteau perdu ne me donne pas plus envie que ça. Je retourne (faire semblant de) dormir.

De 7h pm à 7h am, et nous y voila, à Hue.

Petite ville aux vestiges templiers gardés intacts où l’on décide de s’arrêter un peu arbitrairement sur les recommandations toujours jamais décevantes de Lonely Planet. Hue (prononcer “huer”), c’est comment dire…petit. Dans les rues, en tricycle, on y pousse allégrement des bidons…

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… utilise très peu la voiture…

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…même sur la place (rouge) principale…

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…ou dans les rues (goudronnées, étroites et colorées)…

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Beaucoup de rouge quand même. Et de chapeaux pointus. Sans plus attendre, on trouve un hotel aéré correct. Duy Tan. Deal.

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Se repose un peu. Loue un scooter (grosse embrouille avec la locataire qui veut garder mon passeport en otage; jamais). Essaie de se débarrasser de nos kips (la monnaie laotienne, qui, on le découvre seulement maintenant, n’est pas convertible), et y parvient à un taux qu’on prend pour une mauvaise blague (mais once more: on n’a pas le choix).

Bon, alors direction la cité. L’attraction touristique emblématique. Dans une perspective marxiste, fordiste ou taylorienne, Mickael pilote, je photographie.

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Ici aussi, on coupe l’herbe au ciseau.

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Et toujours ce fameux chapeau pointu.

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Un de mes amis dit que j’ai des airs de mannequin de chez Noura. L’enfoiré.

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La cité entourée d’eau.

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L’entrée principale vers l’espèce de cité interdite, derrière ce fort.

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Juste en face, ce drapeau, le plus haut du pays, dressé à une trentaine de mètres. 34 ou 38 mètres je crois. Remarquez le cadrage photographique acrobatique.

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Photos de la cité dans le prochain post. Il y en a beaucoup trop.

Retour à la ville. Où de charmantes adolescentes se livrent à une séance photo improvisée dans un parc. Elles nous font des clins d’oeil (d’yeux ?), mais on préfère jouer les poètes voyageurs promis à de plus spirituelles destinées.

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En proie au désoeuvrement, on monte au dernier étage du “premier hotel 5 étoiles de Hue” pour admirer la vue panoramique. Mouais.

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Mouais mouais.

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Toujours ce souci d’attrapper un virus qui traine. Pourtant, l’air ne paraît pas plus vicié qu’à Paris.

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Et dire que j’ai même pas acheté un de ces chapeaux…

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Sans doute notres meilleur souvenir de Hue : une boulangerie cachée derrière un portail défoncé à laquelle on s’arrête un peu par hasard. On fait un casse. Impossible de se faire comprendre ou de comprendre ce qui nous disent, mais quand les dongs (monnaie vietnamienne) sont là, les sourires aussi.

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Apparemment, ils ne vendent qu’en gros, et livrent les hotels et restos du coin. Nous : l’exception qui confirme la règle.

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La voilà l’explication. Comme quoi, il suffit pas de l’avoir le Lonely guide, il faut le lire aussi : “Owned by An Phu Tourist, the hotel’s a much better proposition than their bus services, which are best avoided.” Toujours une longueur de retard. Donc je répète, si vous allez au Vietnam, évitez à tous prix les bus An Phu.

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Le bord de mer.

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Et on a tendance à l’oublier. Même s’il a vaincu deux pays industrialisés dans un passé récent, le Vietnam reste un pays en développement, avec les problèmes classiques qu’on y rencontre (l’oubli de la fête des mères)…

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La bar à backpacker. Il y en a forcément au moins un dans chaque ville figurant dans ton guide de voyage. En principe : un repère à co**ards. Ce qu’on lit sur les murs de celui là semble le confirmer : “Eat it Vietnam!”

No comment.

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On rode, fait des tours, des rondes, mais vraiment : on trouve rien à faire à Hue. Rien de rien.

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Ca laisse pantois. Ici, on vous apporte le menu (5 pages) et le livre d’or (150 pages avec photos). Certains n’hésitent pas dans le livre d’or à écrire leur passion pour ce petit troquet et pour Hue (dont on semble pourtant avoir atteint les limites – celles de l’ennui – en 17h). Beaucoup de français d’ailleurs. Une fois de plus, j’ai l’impression que l’enthousiasme excessif trouve sa seule cause, vaporeuse, dans les prix pratiqués par l’établissement. Parce que, en ce qui nous concerne, c’est pas mal (pho et nems frits au menu), mais sans plus.

Et dire que certains se rejouissent d’y avoir mangé chaque soir des trois semaines qu’ils on passées à Hue…

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Unique soirée à Hue, on opte pour un restaurant Français. Histoire de mêler fromage et bouffe locale. Hotes de marque, nous avons le droit à la royale, la table…devant les toilettes. Malchance ou délit de faciès, c’est une attention délicate qu’on me réserve (trop) souvent.

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Toujours à portée de main.

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On fait des détours dans le quartier, mais tout est ferme à 21h. Un bar à backpacker assez pourri photographié plus haut.

Arrêt entre Hue et Hoi An, pour prendre le petit déjeuner. On y resterait presque…

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More Hue to come.

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Responses

  1. […] l’infamie des bus viets, je crois que vous avez compris suite aux 4 derniers posts (ici, ici, ici et là). Malgré ces mésaventures avec les bus An Phu, on se laisse embringuer dans leur hotel […]


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